IMG_6568I Jan Weenix 1640-1719 Amsterdam Jeune femme endormie Girl sleeping 1665 Munich Alte Pinakothek

Jan Weenix 1640-1719 Amsterdam
Jeune femme endormie
Girl sleeping 1665
Munich Alte Pinakothek

LA FEMME DANS LA PEINTURE DES PAYS BAS PROTESTANTS AU 17è SIECLE

L’art en général, et la peinture en particulier, témoignent de l’importance accordée à la femme dans la civilisation européenne.
Mais l’image de la femme a évolué selon le contexte idéologique, les croyances en vigueur à telle ou telle époque de l’histoire européenne.
En faisant commencer l’histoire européenne de l’art vers 500 c’est à dire avec le christianisme, le sujet de la femme dans la peinture de l’Europe sera évoqué au travers de cinq dossiers :
1° La femme dans la peinture de l’Europe Catholique. De 500 à 1500 environ. Toutefois la peinture de chevalet ne débute que vers 1300. Auparavant la peinture se manifeste au travers des fresques, des mosaïques, des vitraux et dans les livres : les enluminures.
2° La femme dans la peinture de l’Europe Catholique et Humaniste. De 1500 à 1800 environ
3° La femme dans la peinture des Pays Bas Protestants au 17è siècle
4° La femme dans la peinture de l’Europe idéologiquement plurielle du 19è siècle. 1800-1950 environ
5° La femme dans l’Art Contemporain Officiel. 1950…

Avec la Réforme protestante aux Pays Bas du Nord, l’image de la femme change :
— Elle s’habille à nouveau, complètement.
— Elle quitte le plan de l’archétype divin, celui catholique ou celui du paganisme, et entre dans le réel, le quotidien des hommes.
— Elle change aussi de milieu social : Elle n’est plus seulement aristocrate, elle est bourgeoise, et même tout à fait populaire.

Il faut distinguer les Pays Bas du Nord, protestants, de leurs semblables, tant ethniquement que linguistiquement, les flamands des Pays Bas du Sud qui deviendront la Belgique.
La frontière est dictée par la religion. Les Flamands sont restés catholiques.
La peinture flamande est comme celle des autres pays de l’Europe Catholique et Humaniste. Rubens, le grand peintre de la Contre-Réforme, en est même un archétype.
Toutefois quelques peintres des Pays Bas du Nord, l’école caravagiste d’Utrecht en plein centre des Pays Bas Protestants, sont des intermédiaires entre les deux cultures. (Hendrick Ter Brugghen (1588-1629), Gerrit Van Honthorst (1592-1656) et Dirck Van Baburen (v. 1595-1624). Ce sont des peintres influencés par le Caravagisme qui ont aussi travaillé en Italie, et qui ont de ce fait plus utilisé les thèmes de l’Europe Catholique et Humaniste et partagé son esthétique.
De même avant eux, certains peintres maniéristes de la fin du 16è siècle, des peintres de la transition catholicisme-protestantisme, comme Joachim Wtewael, Cornelisz de Haarlem, Hendrick Goltzius, chez lesquels le nu féminin est d’emploi courant dans le cadre d’une peinture inspirée par l’Ancien Testament.
Dans les Pays Bas du sud, catholiques, un peintre comme Teniers le Jeune, très proche de l’esthétique du nord, témoigne aussi des affinités culturelles qui persistent de part et d’autre des frontières.
Mais ces exceptions n’invalident pas le constat général de la création dans les Pays Bas du Nord, au 17è siècle, sous l’influence calviniste, d’une peinture différente du reste de l’Europe ("Les Pays Bas la peinture profane et bourgeoise". "le réalisme néerlandais" " Pays Bas : Idéologie et art protestant")
Et cette esthétique différente inspirée par une idéologie différente a des incidences profondes sur l’image de la femme.

Le Christianisme n’est pas favorable au nu féminin, contrairement à l’antiquité et à l’hindouisme, mais comme toutes les religions monothéistes. Cela se vérifie avec la Réforme protestante. Le nu féminin disparaît à nouveau totalement, sauf des exceptions difficilement classables comme Rembrandt au travers de certains épisode de l’Ancien Testament ou même de la Mythologie grecque. Avec le protestantisme on ne voit plus de sein dénudé, pas même celui de Marie. Il n’y a plus d’Eve. Même la femme des maisons de tolérance n’est jamais nue, elle est seulement un peu négligée. Il est juste possible d’apercevoir le haut d’un sein, jamais un sein entier. Précisons bien : dans les Pays Bas du Nord, et avec l’exception relative de l’Ecole d’Utrecht et de certains peintres maniéristes de la transition catholicisme-calvinisme, où la femme peut être nue dans des épisodes tirés de l’Ancien Testament (Bethsabée au bain) ou du Nouveau (le Massacre des Innocents). Mais en réalité ces peintres appartiennent à la culture antérieure à la Réforme calviniste. Dans la peinture des Pays Bas calvinistes la femme n’est jamais nue. La chair est triste, surtout chez les élites. Le peuple ne se dénude jamais non plus, mais il est manifestement plus paillard, plus porté sur les plaisirs, la nourriture, la boisson, la danse, le sexe….. La peinture des Pays Bas est totalement à l’opposé de celle qui a cours dans l’Europe Catholique et Humaniste. Hors des Pays Bas la peinture ne s’intéresse pas à la vie des peuples. Par contre l’art destiné à l’élite multiplie le nu féminin. Rubens est une illustration de cette peinture catholique-humaniste. Aux Pays Bas réformés l’exception la plus notable, presque unique, au refus du nu féminin, est Rembrandt qui a peint quelques femmes nues dans des tableaux dont le thème est l’Ancien Testament ou la Mythologie.

La femme des Pays Bas calvinistes quitte la grande aristocratie pour la bourgeoisie et même pour le petit peuple des servantes, des cuisinières, des artisanes et des paysannes. La peinture des Pays Bas protestants c’est la femme de la haute et moyenne bourgeoisie d’une part, et d’autre part la femme du peuple artisan et paysan. Des femmes très différentes. Ce n’est pas que les petits artisans et les paysans accrochent beaucoup de tableaux dans leurs intérieurs. C’est que la bourgeoisie qui sponsorise cette peinture aime qu’on lui montre la société sur laquelle elle règne par son activité politique, commerçante et financière, et son ordre moral.
La femme de la haute bourgeoisie protestante est en effet d’apparence morale très stricte : elle s’habille de noir, son regard est plutôt sévère, et elle dirige les hôpitaux et autres oeuvres sociales. Elle ne donne pas l’image de la dissipation, elle ne boit pas, ne fume pas, ne danse pas. Elle n’est pas du tout un emblème sexuel. Elle ne ressemble aucunement aux femmes de Rubens, même quand ces dernières sont habillées. La peinture des Pays Bas, et en particulier celle de la femme, nous montre une haute bourgeoisie dont le christianisme, très différent de celui catholique, préside aux destinées d’une société qui au niveau de ses élites crée et accumule les richesses, mais cultive l’austérité apparente. L’inverse de la société aristocratique de l’Europe Catholique et Humaniste où la richesse s’affiche et se proclame.
Dans les pays de l’Europe Catholique et Humaniste l’aristocratie, le pouvoir, la richesse doivent paraître, apparaître clairement au jour. Dans les pays protestants c’est le contraire.
Le protestantisme a emprunté au judaïsme talmudiste une règle d’or : être riche est signe d’élection, mais il ne faut surtout pas le paraître. Il ne faut pas paraître, il faut disparaître, pour mieux tenir le pouvoir effectif. Ce n’est sans aucun doute pas plus moral, mais c’est peut être plus efficace. L’image des épouses des hommes au pouvoir aux Pays Bas protestants illustre cette idéologie.

Les anciennes églises catholiques sont devenues austères, les peintures, les fresques, les ors, les stucs ont disparu, les vitraux sont blancs. Les intérieurs grands bourgeois sont strictes. Les portraits de la haute bourgeoisie sont sévères.
Une très légère dissipation est toutefois mise en scène par Dirck Hals ou Gerrit Berckeyde dont la jeunesse aisée participe à des "joyeuses compagnies". Mais même dans ces fêtes les jeunes coquettes sont toujours totalement habillées et parfaitement maîtresses de leur comportement. Les sexes se tiennent à distance. Rien de comparable aux joyeuses compagnies populaires ou aux "hommages à l’amour" et aux "embarquements pour Cythère" de Watteau, Pater, Fragonard. C’est une dissipation de bonne moralité, pratiquée avec retenue. Il faut bien que jeunesse se passe, mais il certain que ces femmes là, une fois mariées, s’habilleront de noir.

La jeune femme de la moyenne et de la petite bourgeoisie est moins stricte. Souvent elle est même coquette, elle porte des robes de couleur, des foulards élégants, elle reçoit des messages d’amour par porteur, et boit un verre de vin ou deux en se laissant courtiser par un beau jeune homme. Elle joue d’un instrument de musique en sa présence, pour le charmer. Elle peut même tomber malade d’amour. Mais elle est toujours habillée, assise et pas négligemment allongée sur un sofa. Rien de langoureux, de lascif, chez cette femme là. Rien à voir avec les femmes de François Boucher ou de Jean Honoré Fragonard.
Plus âgée, la femme de la moyenne et de la petite bourgeoisie nettoie sa maison à fond, surveille sa servante, range son linge soigneusement. Dans cette classe de la société la femme-mère est bien présente, mais ce n’est plus la mère symbolique du catholicisme. C’est la mère au quotidien : Elle n’allaite pas, pas dans la peinture en tout cas, mais elle épuce sa fille, la coiffe, l’habille ou l’éduque.
Le mari et père n’est jamais là : A la différence de Joseph toujours présent auprès de Marie. Le grand ou moyen bourgeois néerlandais n’a pas le temps de regarder sa femme s’occuper des enfants, il fait des affaires, surveille férocement son monopole d’accès aux épices des Moluques, et gère efficacement la municipalité. Ou il se distrait dans une Compagnie de miliciens de son corps de métier. De temps en temps il participe à un portrait de famille sévère et compassé.

La dissipation des mœurs gagne beaucoup de terrain en descendant l’échelle sociale. Chez les protestants la morale très stricte c’est, en apparence en tous cas, pour la classe dominante. Le peuple peut plus s’en passer. C’est très exactement le contraire de la politique artistique suivie par l’aristocratie catholique et humaniste du reste de l’Europe.
La peinture des classes moyennes et même peu aisées, des classes tout à fait populaires, de la vie quotidienne des populations, et des paysages sans autre motif que la nature et les êtres qui la peuplent, est une remarquable création des Pays Bas. Cette originalité était d’ailleurs déjà perceptible au siècle précédent dans la culture flamande chez des peintres comme Pierre Bruegel et Jan Brueghel.
Les paysans sont édentés et voient mal, ils plissent les yeux pour identifier les cartes de leur jeu. Mais ils s’amusent beaucoup, mangent et boivent sans retenue, fument épouvantablement, chantent, jouent de la musique ou aux cartes. Ils dansent, lutinent les femmes avec obstination, urinent contre les murs intérieurs ou extérieurs des maisons, se battent furieusement.
Les femmes participent pleinement à ces activités, elles ne sont pas puritaines, elles dansent dans les fêtes de village, elles ne sont pas en dehors de la taverne, mais à l’intérieur. Il vaut mieux d’ailleurs car à l’occasion elles empêchent les hommes de se battre. La femme du peuple s’assoit sur les genoux des hommes. Femmes et hommes s’embrassent en public. La paysanne s’enivre aussi bien que son mari. Quelque fois elle le ramène à la maison, quelque fois c’est l’inverse. Ou les voisins qui reconduisent les deux.
C’est en effet seulement dans le peuple artisan, salarié et paysan que l’on peut apercevoir une femme débridée, libérée de bien des contraintes. Buvant, riant, chantant, acceptant, ou pas, les caresses masculines, mais pas nue, jamais nue, toujours couverte d’épais vêtements. Cette femme du peuple ou de la petite bourgeoisie participe aussi à de joyeuses fêtes familiales très arrosées. Même les gamines, imitant la grand mère, tètent un biberon arrosé de vin. La femme populaire est aussi représentée très souvent dans ses activités culinaires et sur les marchés, ou apparemment règne l’abondance. Une abondance qui témoigne d’une société économiquement efficace et où les transports sont aisés. D’ailleurs apparemment les paysannes ridées et édentées savent lire, au moins la musique et sans doute les paroles. Il n’est pas certain que ce soient le cas, à la même époque, ailleurs dans l’Europe continentale, hors de villes comme Florence ou similaires.

En bref : Une peinture de la femme et de la société qui est aux antipodes de l’art qui à la même époque domine en France, en Italie, en Allemagne et en Autriche, dans les Pays Bas Flamands, restés catholiques. Contraire aussi à la peinture d’une l’Angleterre très aristocratique, même si comme les Pays Bas la société anglaise est totalement hostile au nu féminin. Quant à l’Espagne il faut admettre qu’elle est plus catholique qu’humaniste et que la nudité n’y est guère à la mode.

Cette peinture des Pays Bas calvinistes est anti-catholique bien sûr, mais elle est aussi anti-humaniste.
En tout cas elle n’est pas humaniste à la manière antique du reste de l’Europe. Elle témoigne d’une société dans laquelle la culture de l’Antiquité n’a pas pénétré profondément. C’est l’Europe sans la Grèce et sans Rome. Une fois passée la période catholique et la Renaissance maniériste du 16è siècle, le désintérêt est presque total pour l’histoire ancienne et les personnages de l’Histoire ou de la Mythologie. Quand les peintres des Pays Bas du Nord du 17è siècle vont en Italie, ils peignent des paysages, avec des ruines antiques puisqu’elles existent, et qu’elles sont belles. Ils peignent les ruines antiques comme ils peignent les montagnes des Alpes. Mais dans ces paysages, pas de déesses ou de nymphes nues, pas de Cléopâtre, de Lucrèce ou de Didon déshabillées. Seulement des bergères habillées. L’exotisme se manifeste par les ruines antiques et par la présence des chèvres qui s’ajoutent aux vaches et au moutons.
La réforme calviniste qui a conquis les Pays Bas est donc une rébellion contre l’Eglise, contre le "Papisme" mais aussi une distance prise par rapport à la culture méditerranéenne. Les exceptions existent bien sûr, mais elles sont rares.
La Réforme est en grande partie une révolte nationale, culturelle, des pays de l’Europe du Nord, d’une Europe restée étrangère à la civilisation grecque et romaine, contre l’Europe du sud imprégnée par cette dernière. Aux Pays Bas elle prend en outre une forme bourgeoise et même anti-aristocratique très nette qui n’est pas aussi évidente dans l’Allemagne luthérienne, et pas du tout dans l’Angleterre anglicane.
Par contre aux Pays Bas la greffe judaïque a bien pris. Le message de l’Ancien Testament est préféré à l’enseignement du Nouveau Testament. Dans l’Ancien Testament Job est un héros, alors que dans l’Evangile c’est plutôt Lazare. L’idéal des bourgeois et des bourgeoises des Pays Bas, c’est manifestement plutôt Job que Lazare.
Les événements politiques ont bien sûr joué leur rôle dans la Réforme aux Pays Bas et son orientation anti-méditerranéenne a pu avoir ses origines aussi dans la domination des Habsbourg d’Espagne plus intolérante que celle des Habsbourg d’Autriche.

THE WOMAN IN THE PAINTING OF THE PROTESTANT NETHERLANDS, IN THE 17th CENTURY

Art in general, and painting in particular, bear witness to the importance accorded to women in European civilization.
But the image of women has evolved according to the ideological context, the beliefs in force at this or that time in European history.
By starting the European art history around 500, ie with Christianity, the subject of women in the painting of Europe will be evoked through five dossiers :
1 ° The woman in the painting of Catholic Europe. From 500 to 1500 approximately. However easel painting began only around 1300. Previously painting is manifested through the frescoes, mosaics, stained glass and in books: the illuminations.
2 ° The woman in the painting of Catholic and Humanist Europe. From 1500 to 1800 approximately
3 ° The woman in the painting of the Protestant Netherlands in the 17th century
4 ° The woman in the painting of the ideologically plural Europe of the 19th century. 1800-1950 approximately
5 ° The woman in the Official Contemporary Art. 1950 …

With the Protestant Reformation in the Netherlands, the image of woman changes:
— She dresses again, completely.
— She leaves the plan of the divine archetype, the catholic one or that of paganism, and enters the real, the daily life of the men.
— She also changes social environment: She is no longer only aristocrat, she is bourgeois, and even quite popular.

It is necessary to distinguish the Protestant Northern Netherlands from their fellow men, both ethnically and linguistically, the Flemish of the Southern Low Countries who will become Belgium.
The border is dictated by religion. The Flemings remained Catholic.
Flemish painting is like that of the other countries of Catholic and Humanist Europe. Rubens, the great painter of the Counter-Reformation, is even an archetype.
However some painters of the Netherlands of the North, caravaggist school Utrecht in the center of the Protestant Netherlands, are intermediaries between the two cultures. (Hendrick Ter Brugghen (1588-1629), Gerrit Van Honthorst (1592-1656) and Dirck Van Baburen (ca. 1595-1624), painters influenced by Caravagism who also worked in Italy, and who have used more the themes of Catholic and Humanist Europe and have shared its aesthetics.
In the same way, earlier them, certain Mannerist painters of the end of the 16th century, painters of the Catholic-Protestant transition, such as Joachim Wtewael, Cornelisz de Haarlem and Hendrick Goltzius, in which the female nude is in regular employment in the frame of a painting inspired by the Old Testament.
In Netherlands of the south, remained Catholics, a painter like Teniers the Younger, very close to the aesthetics of the North, also testifies cultural affinities that persist on both sides of the borders. But these exceptions do not invalidate the general observation of the creation in the Netherlands in the 17th century, under the Calvinist influence, of a painting different from the rest of Europe ("The Netherlands, secular painting and bourgeois "." Dutch realism "" Netherlands: Ideology and Protestant art ")
And this different aesthetic inspired by a different ideology has profound implications for the image of the woman.

Christianity is not favorable to the female nude, unlike antiquity and Hinduism, but as all monotheistic religions. This is true with the Protestant Reformation. The female nude disappears again completely, unless for exceptions that are difficult to categorize, as Rembrandt through certain episodes of the Old Testament or even Greek Mythology. With Protestantism we no longer see bare breast, not even that of Mary. There is no more Eve. Even the woman of the brothels is never naked, she is only a little neglected. It is just possible to see the top of a breast, never an entire breast. Let us clarify : in the Netherlands, and with the relative exception of the Utrecht School and some Mannerist painters of the Catholic-Calvinist transition, where the woman can be naked in episodes taken from the Old Testament (Bathsheba bath) or New (the Massacre of Innocents). But in reality these painters belong to the culture prior to the Calvinist Reformation. In the painting of the Calvinist Netherlands the woman is never naked. The flesh is sad, especially among elites. The common people neverget naked either, but they are obviously more paillard, more focused on pleasures, food, drink, dance, sex ….. Dutch painting is totally the opposite of that practiced at the same time in the rest of Europe. Outside the Netherlands, painting is not interested in the daily lives of peoples. On the other hand, throughout Catholic-humanist Europe, the art destined for the elite multiplies the female nude. Rubens is an illustration of this Catholic-humanist painting. In the reformed Netherlands the most notable exception, almost unique, to the refusal of the feminine nude, is Rembrandt, who painted a few nude women in paintings whose theme is the Old Testament or Mythology.
The woman of the Calvinist Low Countries give up the aristocracy for the bourgeoisie and even for the common people, for the maids, the cookswomen, the craftswomen and the peasants. The painting of the Protestant Netherlands, it is the woman of the upper and middle bourgeoisie on the one hand, and the woman of the artisan and peasant people on the other. Very different women. It is not that small artisans and peasants hang many pictures in their interiors. It is because the bourgeoisie who sponsors this painting likes to be shown the society over which it reigns through its political, commercial and financial activities and by its moral order.
The woman of the Protestant upper middle class is indeed of very strict moral appearance: she dresses in black, her eyes are rather severe, and she directs the hospitals and other social works. She does not give the image of dissipation, she does not drink, do not smoke, do not dance. She is not at all a sexual emblem. She does not look like Rubens women, even when they are dressed.
The painting of the Netherlands, and in particular that of women, shows us a high bourgeoisie whose Christianity, very different from that of the Catholic, presides over the destinies of a society which, at the level of its elites, creates and accumulates wealth, but cultivates apparent austerity. The opposite of the aristocratic society of Catholic and Humanist Europe where wealth is displayed and proclaimed.
In the countries of Catholic and Humanist Europe aristocracy, power, wealth must appear, appear clearly in full light. In Protestant countries it is the opposite.
Protestantism has borrowed from Talmudic Judaism a golden rule: to be rich is a sign of election, but it should not appear. We must not appear, we must disappear, to better hold the effective power. This is undoubtedly not more moral, but it may be more effective. The image of the wives of the ruling men in the Protestant Netherlands illustrates this ideology.
The ancient Catholic churches have become austere, the paintings, the frescoes, the golds, the stuccoes have disappeared, the stained glass are white. Grand bourgeois interiors are strict. The portraits of the upper middle classes are severe. A very slight dissipation is, however, staged by Dirck Hals or Gerrit Berckeyde whose affluent youth participates in "happy companies". But even in these festivals the young coquettes are always fully dressed and perfectly in control of their behavior. The sexes are at a distance. This paint is very far away the cheerful popular companies or the "homage to love" and "embarkation for Kythera" of Watteau, Pater, Fragonard. It is a dissipation of good morality, practiced with restraint. We need the youth to have fun, but it is certain that these women there, once married, will dress in black.

The young woman of the middle class and the petty bourgeoisie is less strict. Often she is even coquette, she wears colored dresses, elegant scarves, she receives messages of love by bearer, and drinks a glass of wine or two while being courted by a handsome young man. She plays a musical instrument in his presence, to charm him. She can even get sick of love. But she is still dressed, sitting and not lying on a couch. Nothing languorous, lascivious, at this woman there. Nothing to do with the women of François Boucher or Fragonard .
Older, the woman of the middle class and the petty bourgeoisie cleans her house thoroughly, watches over her maid, arranges her linen carefully. In this class of society the woman-mother is present, but it is no longer the symbolic mother of Catholicism. It’s the mother of every day: She does not breast-feed, not in the painting anyway, but she removes lice from her daughter, dresses her, or educates her.
The husband and father is never there: Unlike Joseph always present with Mary. The man of the Dutch middle or upper middle class does not have time to watch his wife take care of the children, he does business, fiercely watches over his monopoly of access to the Maluku spices, and manages the municipality efficiently. Or he’s distracted himself in a company of militiamen from his corps of trades. From time to time he participates in a severe and compassed family portrait.

The dissipation of morals gains a lot of ground by descending the social ladder. Among the Protestants, the very strict morality is, apparently in all cases, for the ruling class. The peoples can do without it. This is exactly the opposite of the artistic policy followed by the Catholic and humanist aristocracy of the rest of Europe. The painting of the middle classes and even the not easy classes, classes very popular, of the daily life of the populations, and landscapes without other motive than the nature and the beings which populate it, is a remarkable creation of the Netherlands.
This originality was already noticeable in the previous century in Flemish culture among painters such as Pierre Bruegel and Jan Brueghel.
The peasants are edentulous and see badly, they squint to identify the cards of their game. But they enjoy themselves a lot, eat and drink without restraint, smoke horribly, sing, play music or cards, they dance, fiddling with women obstinately, urinate against the interior or exterior walls of houses, fight furiously.
The women participate fully in these activities, they are not puritaines, they dance in the village festivals, they are not outside the tavern, but inside. It is better because on occasion they prevent men from fighting. The woman of the people sits on the knees of men. Women and men kiss each other in public. The peasant is drunk as well as her husband. Sometimes she brings him home, sometimes it’s the other way around. Or the neighbours who wear them both at home
It is only in the artisan, salaried and peasant people that we can see an unbridled woman freed from many constraints. Drinking, laughing, singing, accepting, or not, masculine caresses, but not naked, never naked, always covered in thick clothes. This woman of the people or of the petty bourgeoisie also participates in happy family celebrations with a lot of wine. Even the kids, imitating the grandmother, suck a glass of wine. The popular woman is also very often represented in her culinary activities and in the markets, where apparently abundance reigns. An abundance that reflects an economically efficient society and where transport is easy. Besides, the peasants women, wrinkled and toothless, know how to read, at least the music and, no doubt, the words. It is not certain that this is the case, at the same era, elsewhere in continental Europe, outside cities like Florence or similar.

In short: A painting of women and society that is the antithesis of the art that at the same time dominates in France, Italy, Germany and Austria, in the Flemish Netherlands remained Catholics. Contrary also to the painting of a very aristocratic England, even though like the Netherlands the English society is totally hostile to the female nude. As for Spain, it must be admitted that it is more Catholic than humanist and that nudity is hardly fashionable.

This painting of the Calvinist Netherlands is anti-Catholic of course, but it is also anti-humanistic.
In any case she is not humanist in the antique way of the rest of Europe. She bears witness to a society in which the culture of antiquity has not penetrated deeply. It is Europe without Greece and without Rome. Once past the Catholic period and the 16th century Mannerist Renaissance, the disinterest is almost total for the ancient history and the characters of History or Mythology. When painters from the north of the Netherlands in the 17th century go to Italy, they paint landscapes, with ancient ruins, since they exist, and they are beautiful. They paint ancient ruins as they paint the mountains of the Alps. But in these landscapes, no goddesses or nymphs, no Cleopatra, Lucrece or Didon undressed. Only dressed shepherdesses. Exoticism is manifested by the ancient ruins and by the presence of goats that add to cows and sheeps. The Calvinist reform that conquered the Netherlands is therefore a rebellion against the church, against the "popery" but also a distance taken in relation to the Mediterranean culture. Exceptions exist of course, but they are rare.
The reform is largely a national, cultural revolt of the countries of Northern Europe, of a Europe that remained foreign to the Greek and Roman civilization, against the southern Europe imbued with the latter. In the Netherlands the Reform also takes on a very bourgeois and even anti-aristocratic form which is not so obvious in Lutheran Germany, and not at all in Anglican England.
On the other hand, in the Netherlands, the Judaic graft has taken hold. The message of the Old Testament is preferred to New Testament teaching. In the Old Testament Job is a hero, whereas in the Gospel it is rather Lazarus. The ideal of the bourgeois, and of the bourgeois women of the Netherlands is obviously Job rather than Lazarus.
Political events have of course played a role in the Reformation in the Netherlands and its anti-Mediterranean orientation may have originated in the Habsburg of Spain domination, which was more intolerant than that of the Habsburgs of Austria.

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