IMG_5500 Pierre Bonnard 1867-1947 Paris Marthe dans la salle à manger du Canet 1933 Marthe in the dining room at Canet 1933 Wien Musée Léopold (Musée des Beaux Arts de Lyon)

Pierre Bonnard 1867-1947 Paris
Marthe dans la salle à manger du Canet 1933
Marthe in the dining room at Canet 1933
Wien Musée Léopold (Musée des Beaux Arts de Lyon)

ART MODERNE : TROIS RUPTURES STYLISTIQUES SUCCESSIVES

Le monde est là pour être goûté; la réalité est là comme un banquet qui s’offre, l’art n’est rien d’autre que l’exaltation de la saveur cachée des choses.
François CHENG. (« Toute beauté est singulière » « D’où jaillit le chant » « Shitao, la saveur du monde » "L’art du trait" )

La peinture chinoise est fondée sur une conception taoïste du monde qui convie l’homme à entrer en communion avec l’univers considéré comme vivant.
François CHENG. (« Toute beauté est singulière » « D’où jaillit le chant » « Shitao, la saveur du monde » "L’art du trait" )

CEZANNE, le père de « l’Art Moderne » voulait partir de zéro comme si on n’avait jamais peint avant lui.
Ernst GOMBRICH Histoire de l’Art

Dans la course au nouveau en peinture et en sculpture le masque tribal nègre va remplacer le moulage d’après l’Apollon du Belvédère.
Ernst GOMBRICH Histoire de l’art

L’Art Moderne, 1850-1950 en dates approximatives, peut se résumer à trois ruptures successives et progressives par rapport à l’art européen en vigueur depuis la fin du gothique et la renaissance :
1° La rupture impressionniste
2° La rupture post-impressionniste
3° La rupture de l’art abstrait.

La Rupture Impressionniste, c’est essentiellement avec "le tachisme", et "l’Esquisse", une remise en question des grands principes classiques : Le dessin exact, parfaitement précis et achevé, et la touche du pinceau invisible, ou le moins visible possible. (Voir sur ce sujet le texte intitulé " La Rupture Impressionniste")
Il ne faut aucunement exagérer cette rupture : L’impressionnisme est en filigrane dans tout l’art européen depuis des siècles. Ne serait ce qu’au travers des esquisses que tous les peintres "classiques" ont réalisé sur le terrain avant de peindre en atelier avec des couleurs qui n’étaient pas transportables à l’extérieur. Et les impressionnistes n’avaient pas loin à aller pour se persuader que cette esthétique, si elle heurtait des habitudes, était en réalité une esthétique existante depuis des siècles : il leur suffisait de se rendre au Louvre. Fragonard ou Watteau c’est déjà de l’impressionnisme et le Tintoret aussi. Denis Diderot,au siècle précédent, s’inquiétait auprès de son ami Hubert Robert : " Mais Robert, vous faites des esquisses depuis si longtemps, ne pourriez vous terminer un tableau ?".
Plus près des peintres impressionnistes certains romantiques comme Delacroix ou Carl Blechen leur avait traçé la voie, comme l’école de Barbizon qui s’inspirait elle même de certains paysagistes néerlandais du 17è siècle.
Il n’est pas exact d’appeler post-impressionnistes les peintres qui pratiquent l’impressionnisme après la génération des grands fondateurs (Monet, Sisley, Pissarro, Renoir….. L’impressionnisme est une technique de la peinture qui se caractérise par le tachisme et la peinture claire, aux couleurs naturelles mais vives, en opposition à l’école classique et aux paysagistes héritiers des peintres du siècle d’or des Pays Bas comme l’école de Barbizon. Cette technique se répand dans toute l’Europe et va se perpétuer des décennies durant.
Le Post-impressionnisme est une école de peinture qui, continue souvent de s’inspirer de l’impressionnisme mais qui met surtout en place de nouvelles techniques.
La Rupture Post-Impressionniste, va plus loin dans le renouvellement des formes de l’esthétique européenne. Elle réunit plusieurs écoles: Nabis, Fauves, Cubistes, Expressionnistes, sans être exhaustif.
Les Post-Impressionnistes ajoutent à l’Impressionnisme, de toutes nouvelles techniques dont les principales sont "la peinture plate", le cloisonnisme (en quelque sorte un contraire du tachisme), les couleurs arbitraires, la décomposition de la structure du réel en lignes et volumes simplifiés. Ces techniques ne sont en réalité pas nouvelles, elles sont empruntées à l’art Paléo-Chrétien, Byzantin et Médiéval. Les post-impressionnistes reviennent à la peinture en deux dimensions, ils renoncent à l’imitation parfaite du réel de la peinture en trois dimensions, qui a caractérisé l’art européen depuis le Gothique tardif et la Renaissance jusqu’à l’art moderne. Là encore, au départ, il suffisait de se rendre au Louvre pour voir des exemples d’une autre esthétique que celle de Raphaël, Vinci et des peintres académiques de l’époque.

La reproduction exacte de notre monde environnant, exact c’est à dire tel que notre vue nous le restitue, n’est en effet pas une condition nécessaire de l’Esthétique. C’est ce qu’ont démontré pendant des siècles les peintres Byzantins et ceux de l’époque médiévale. Outre la simplification des lignes, la réduction des volumes et la suppression de la perspective, les couleurs peuvent être inventées, et s’écarter totalement de celles réellement perçues par les hommes : Il en est ainsi pour l’école de Pont Aven, les Cloisonnistes, les Fauves, les Symbolistes, ou les Expressionnistes germaniques.
Les Post-impressionnistes, notamment les Cubistes, vont aller encore plus loin sur le chemin de la nouveauté en décomposant le monde réel en lignes et en volumes de plus en plus simplifiés et en multipliant les points de vue simultanés sur les objets et les êtres. Ils sont une introduction à l’art abstrait.
L’Art Abstrait nait en effet des nouvelles approches esthétiques proposées par les Post-Impressionnistes. Le premier art abstrait ne quitte pas tout à fait le réel, qui reste le point de départ reconnaissable de leur art, mais il développe, à partir du monde environnant, tout un jeu de lignes et de formes schématisées qui sont une évocation, une suggestion, une recomposition, et même une invention du monde.
De simplifications en schématisations, de synthèses en combinaisons, et de symboles en archétypes, la peinture européenne parvient dans les années 1900 et suivantes au second art abstrait qui s’éloigne totalement de l’observation de la nature pour exploiter esthétiquement les seules ressources de la géométrie euclidienne : c’est l’ère des lignes, cercles, carrés, rectangles, triangles etc, de couleur diverses.
Dans l’histoire universelle de la peinture l’Art Abstrait, à son stade achevé, est une nouveauté absolue : l’art européen cesse de vouloir signifier, d’avoir un sens, de tenir un discours compréhensible par le public. La peinture abstraite devient un jeu de formes et de couleurs sans plus aucune référence au monde environnant, tel que l’homme le perçoit par le sens de la vue, et tel qu’il l’expérimente dans son vécu quotidien. Le Non- sens, compris comme l’absence de signification, est inévitable au bout du chemin de l’art non figuratif.
Mais pendant toute cette période de l’Art Moderne, les artistes européens ne sont pas en rupture avec le passé artistique européen sur un point essentiel : Ils ne renient pas le grand principe de l’Esthétique universelle: créer le Beau le mieux partagé possible. D’autre par si le Non-sens, l’absence de signification, l’absence de discours partagé est une caractéristique de l’art abstrait terminal, l’Art n’est pas encore devenu une religion de l’Absurde et de la Provocation. Le Laid et l’Absurde sont les grandes inventions de l’Art Contemporain Officiel (ACO) qui s’impose en Occident, dans un petit milieu qui se prétend élitiste, à partir de la seconde moitié du 20è siècle.
Evidemment cette présentation en trois points de l’art moderne, comme toutes les synthèses, présente un caractère didactique, relativement simplificateur. Le réel est presque toujours plus complexe que le discours que l’on peut tenir à son propos. L’analyse permet de mieux rapprocher ce discours des faits.
Edouard Manet, est certainement, l’inventeur ou le ré-inventeur de "la peinture plate" dont les caractéristiques apparaissent déjà en 1863 dans "le Déjeuner sur l’herbe". Il n’en demeure pas moins que ce sont bien les post-impressionnistes qui vont utiliser et développer cette esthétique de manière systématique. De même dès ses premiers tableaux Claude Monet annonce très clairement le premier art abstrait et Georges Seurat de même dès les années 1880 et suivantes.

Il est impératif de souligner que ces trois ruptures de l’Art Moderne pendant la période 1850-1950 n’ont rien de comparable avec la rupture provoquée par l’Art Contemporain Officiel qui s’impose en Occident après 1950 .
L’Art Moderne était un changement d’esthétique, s’inspirant beaucoup des arts du passé.
L’Art Contemporain c’est le rejet de l’esthétique, et c’est la table rase de tout le passé artistique de la civilisation européenne.
L’Art Moderne c’est un point blanc sur un fond noir.
L’Art Contemporain c’est une paire de chaussures portant des lunettes.
Rien à voir.
Avec l’Art Moderne les artistes sont toujours à la recherche du Beau, ils en explorent seulement les possibilités en dehors des règles de l’art classique tel qu’il se définit depuis la Renaissance et la fin du Gothique. Leur source d’inspiration est en effet dans le passé de la peinture européenne : c’est notamment la peinture plate des temps paléo-chrétiens, byzantins, romans et du premier gothique. C’est aussi l’esquisse pratiquée sans interruption dans l’histoire de l’art européen.
A partir de l’Art Contemporain Officiel le cahier des charges pour être reconnu comme artiste contemporain c’est la provocation par le laid et l’absurde, c’est à dire la sortie proclamée de l’esthétique.

Les conceptions de la beauté se sont modifiées tout au long de l’histoire humaine, et en fonction des cultures géographiques. Mais il reste que la revendication de principe de la provocation par le laid et l’absurde, caractéristique de l’art contemporain officiel, est une évolution spirituelle qui fait question quant à l’avenir de l’humanité. Il est anti-esthétique de cultiver la laideur comme principe de l’art. Mais c’est aussi totalement anti-scientifique : l’Univers est beau et intelligent tant au niveau du microcosme que du macrocosme et l’art contemporain officiel laid et absurde est anti-scientifique autant qu’il est anti-esthétique. De ruptures en ruptures il est tout à fait possible de sortir de l’art comme du savoir.

MODERN ART: THREE SUCCESSIVE STYLISTIC BREAKS

The world is there to be tasted; reality is there like a banquet that is offered, art is nothing more than the exaltation of the hidden flavor of things.
François CHENG. ("All beauty is singular" "From where the song springs" "Shitao, the flavor of the world" "The art of trait")

Chinese painting is based on a Taoist conception of the world that invites man to enter into communion with the universe considered as living.
François CHENG. ("All beauty is singular" "From where the song springs" "Shitao, the flavor of the world" "The art of drawing")

CEZANNE, the father of "Modern Art" wanted to start from scratch as if we had never painted before him.
Ernst GOMBRICH History of Art

In the race for the new in painting and sculpture, the Negro tribal mask will replace the moulding after the Apollo of the Belvedere.
Ernst GOMBRICH Art History

Modern Art, 1850-1950 in approximate dates, can be summed up in three successive and progressive ruptures compared to the European art in force since the end of the Gothic and the Renaissance:
1 ° The Impressionist rupture
2 ° The pos-impressionist rupture
3° The rupture of abstract art.

The Impressionist Rupture, it is essentially with the "Tachisme", and "the Sketch", a questioning of the great classical principles: The exact, perfectly precise and completed drawing, and the touch of the invisible brush, or the least visible possible. (See on this subject the text entitled "The Impressionist Rupture")
This rupture must not be exaggerated: Impressionism has been in watermark in all European art for centuries. Through the sketches that all "classical" painters have done on the field before painting in the workshop with colors that were not transportable outside. And the Impressionists had not far to go to convince themselves that this aesthetic, if it clashed habits, was actually an aesthetic that had existed for centuries: all they had to do was go to the Louvre. Fragonard or Watteau is already impressionism and Tintoretto too. Denis Diderot, in the previous century, was worried about his friend Hubert Robert: "But Robert, you make sketches since so long, could not you finish a painting?" Closer to the impressionist painters some romanticists like Delacroix or Carl Blechen had traced the way for them, like the school of Barbizon which itself was inspired by some Dutch landscapers of the 17th century.

The Post-impressionistic rupture goes further in renewing the forms of European aesthetics. It brings together several schools: Nabis, Fauves, Cubists, Expressionists, without being exhaustive. The Post-Impressionists add to Impressionism, brand new techniques whose main ones are "flat painting", "partitionism" (a kind of opposite of tachism), arbitrary colors, the decomposition of the structure of reality into simplified lines and volumes.
This techniques are actually not new, they are borrowed from the Paleo-Christian, Byzantine and Medieval art. Post-Impressionists return to two-dimensional painting, renouncing the perfect imitation of the real of three-dimensional painting, which has characterized European art from late Gothic and Renaissance to modern art. Again, at the beginning, it was enough to go to the Louvre to see examples of another aesthetic than that of Raphael, Vinci and academic painters of the time. It is not accurate to call post-impressionists the painters who practice impressionism after the generation of the great founders (Monet, Sisley, Pissarro, Renoir…… Impressionism is a painting technique characterized by tachism and clear painting, with natural but vivid colours, in contrast to the classical school and landscape artists who inherited the painters of the Golden Age in the Netherlands such as the Barbizon school. This technique spread throughout Europe and will continue for decades to come.
Post-impressionism is a school of painting that implements new techniques. Post-impressionism is a school of painting that often continues to be inspired by impressionism but above all implements new techniques.

The exact reproduction of our surrounding world, that is to say, such as our sight returns it to us, is in fact not a necessary condition of Aesthetics. This has been demonstrated for centuries Byzantine painters and those of the medieval period. In addition to the simplification of the lines, the reduction of the volumes and the suppression of the perspective, the colors can be invented, and deviate completely from those really perceived by the men: this is so for the school of Pont Aven, the Cloisonnists , the Fauves, the Symbolists, or the Germanic Expressionists.
Post-Impressionists, especially Cubists, will go even further on the path of novelty by decomposing the real world in lines and volumes more and more simplified and multiplying the simultaneous views on objects and beings. They are an introduction to abstract art.
Abstract Art is born of new aesthetic approaches proposed by Post-Impressionists. The first abstract art does not leave quite the real, which remains the recognizable starting point of their art, but it develops, from the surrounding world, a whole set of lines and schematized forms which are an evocation, a suggestion , a recomposition, and even an invention of the world.
From simplifications to schematizations, from syntheses to combinations, and from symbols to archetypes, in the 1900s and beyond, European painting came to the second abstract art, which totally deviates from the observation of nature in order to exploit aesthetically the only resources of Euclidean geometry: it is the era of lines, circles, squares, rectangles, triangles etc, of various colors.
In the universal history of painting, Abstract Art, at its completed stage, is an absolute novelty: European art ceases to mean, to make sense, to hold an understandable speech by the public. Abstract painting becomes a play of shapes and colors without any reference to the surrounding world, as man perceives it by the sense of sight, and as he experiences it in his daily life. Nonsense, understood as the absence of meaning, is inevitable at the end of the path of non-figurative art.
But throughout this period of Modern Art, European artists are not at odds with the European artistic past on one essential point: They do not deny the great principle of universal Aesthetics: to create Beautiful, the better shared possible. On the other hand, if nonsense, the absence of meaning, the absence of shared discourse is a characteristic of the terminal abstract art, Art has not yet become a religion of the absurd and the Provocation. The ugly and the Absurd are the great inventions of the Official Contemporary Art (ACO) which imposes itself in the West, in a small environment that claims to be elitist, from the second half of the 20th century.

It is imperative to underline that these three ruptures of the Modern Art during the period 1850-1950 have nothing comparable with the rupture caused by the Official Contemporary Art which imposes itself in the West after 1950.
Modern Art was a change in aesthetics, inspired by the arts of the past.
Contemporary Art is the rejection of aesthetics, and it is the clean slate of the entire artistic past of European civilization
Modern Art is a white dot on a black background.
Contemporary Art is a pair of shoes wearing glasses.
Nothing to see. With Modern Art artists are always in search of the Beauty, they explore only the possibilities of Beauty outside the rules of classical art as it is defined since the Renaissance and the end of Gothic. Their source of inspiration is also in the past of European painting: it is notably the flat painting of the Paleo-Christian, Byzantine, Romanesque and early Gothic times. It is also the sketch practiced without interruption in the history of european art. With the Official Contemporary Art the specifications to be recognized as a contemporary artist is the provocation by the ugliness and the absurd, the proclaimed exit of aesthetics.

Conceptions of beauty have changed throughout human history, and according to geographic cultures. But the fact remains that the demand for provocation by the ugly and the absurd, characteristic of official contemporary art, is a spiritual evolution that questions the future of humanity. is anti-aesthetic to cultivate ugliness as a principle of art. But it is also totally anti-scientific: the Universe is beautiful and intelligent both at the level of the microcosm and the macrocosm and the ugly and absurd official contemporary art is anti-scientific as much as it is anti-aesthetic. is anti-aesthetic to cultivate ugliness as a principle of art. But it is also totally anti-scientific: the Universe is beautiful and intelligent both at the level of the microcosm and the macrocosm and the ugly and absurd official contemporary art is anti-scientific as much as it is anti-aesthetic.

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